21 Fev
Kompa in the City
21.02.2026 · AGENDA
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« Souvent dans l’histoire, anonyme était une femme. »
Cette phrase de Virginia Woolf est le point de départ du nouveau projet solo de Julie Campiche.
Avec sa harpe, ses effets électroniques et sa voix, Julie rend hommage aux Femmes et à la Force Féminine. Chaque composition raconte en musique l’histoire d’une femme, d’antan ou d’aujourd’hui, d’ici ou d’ailleurs, célèbre ou anonyme. Répondant à un intense besoin de sororité, elle porte ces voix passées sous silence, minimisées, anonymisées, et pourtant si puissantes.
Julie Campiche est une pionnière du jazz à la harpe — mais elle est bien plus qu’une harpiste. Chanteuse, compositrice, conceptrice sonore, enseignante, directrice musicale de productions théâtrales et collaboratrice, elle développe depuis des années un langage musical profondément personnel et résolument distinctif. Son univers mêle avec une grande liberté le jazz, la musique classique, l’électronique et l’avant- garde, dans un processus continu d’innovation.
Julie est lauréate d’un Prix Suisse de Musique 2025.
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Accès : Tout public
Julie Campiche – harpe, voix, électroniques, samples
La musique, pour Julie Campiche, naît avant tout de rencontres, de partage, d’alchimie entre musiciennes et musiciens. Enfin, naît aussi. Car depuis que le Covid et les contraintes, essentielles ou non, qui l’accompagnaient ont impactées sa vie d’artiste, la harpiste genevoise a découvert que la musique pouvait également se pratiquer en solo. En une autre rencontre. Avec elle-même. Un tête-à-tête que certaines et certains choisissent souvent de soigneusement éviter. Diantre, se mette à nu n’est pas chose aisée. D’autant plus lorsqu’on est artiste et que le fruit de ce dialogue introspectif se voit in fine partagé avec un public.
Mais voilà, si Julie Campiche aimait à privilégier le confort des habitudes et des certitudes, elle ne serait pas devenue la première harpiste suisse à obtenir un master en composition et performance jazz à la Haute école de musique de Lausanne. Inaugurant un titre autant qu’un cursus.
Pionnière donc, mais pas que. Artiste d’abord et surtout. Récompensée d’un prix suisse de musique en 2025 pour son univers musical aussi sensible qu’intense. Promenant sa harpe, et ses auditeurs, dans des contrées sonores inconnues jusqu’ici, où s’entremêlent subtilement éléments acoustiques et électroniques.
Novatrice et virtuose certes. Profonde, poétique et animique surtout.
À l’image d’Unspoken, premier projet solo de Julie Campiche qui se veut un hommage à la force féminine et aux femmes. De la danseuse et cinéaste Andrea Bescond à la poétesse et péripatéticienne Grisélidis Réal en passant par la militante Tanara Burke ou l’écrivaine Virginia Woolf, chacune des composition se révèle être un portrait musical d’une femme ou d’un mouvement de femmes à qui Julie souhaite rendre hommage.
Travail tout à la fois intime, poétique et engagé pour lequel la harpiste s’est attaché les services d’une documentaliste pour l’assister dans ses recherches préparatoires. Destins particuliers plus ou moins retenus par l’Histoire et que Julie a ensuite laissé mûrir en elle, avant d’aller y puiser ses propres lectures musicales. En solo. Mais tirées, nourries pourtant de ces rencontres humaines – fussent-elles ici virtuelles – si impératives au processus créatif de Julie Campiche. On y revient.
Au final, un album introspectif et pourtant pluriel aussi lumineux que méditatif dont la douceur apparente ne saurait masquer la force qui sous-tend chaque titre. À l’image de chacune des femmes ou mouvements féminins mis à l’honneur. Une caresse artistique, celle de la musicienne dont l’art envoûte notre âme.Une claque socio-historique, salutaire, qui nous rappelle, au besoin, la place des femmes dans notre monde. Un album poétique autant qu’engagé. À l’image de Julie Campiche.